La plante de chanvre / cannabis et sa molécule célèbre, le CBD, sont très souvent mentionnées parmi les solutions alternatives. Relativement aux pathologies complexes qui ont du mal à être correctement traitées, via les traitements classiques. La recherche dans ce secteur avance, malgré les multiples péripéties qui la ponctuent. À ce sujet, nous vous proposons de découvrir, à la fois les expériences et les avancées scientifiques y afférentes.

Le sommaire

Des témoignages qui font réfléchir !

D’entrée de jeu, commençons par parcourir les témoignages qui révèlent les situations de certains patients atteints de maladies complexes. Par là même, montrent l’urgence de sonder toutes les solutions possibles ; afin que, de moins en moins de patients ne passent l’arme à gauche.

Franck Milone, âgé de 29 ans, souffre de sclérose en plaque. En effet, sa qualité de vie est similaire à celle de nombreux patients atteints de la même pathologie. Mais, celui-ci ne se laisse pas aller à la fatalité. En fait, il trouve dans l’ingestion de fleurs de cannabis un moyen d’améliorer sa qualité de vie. Certain des vertus thérapeutiques de la plante, il envisage d’approfondir ses recherches sur le sujet. À ce sujet, Frank crée un laboratoire qu’il nomme La Fleur ; au sein de son entreprise Delled. Après la création, il se fixe un but bien précis : commercialiser des médicaments à base de cannabis d’ici à 2024. Ceci pourrait être une grande opportunité de guérison pour plusieurs patients. Ou du moins, cela leur permettrait d’avoir un mode de vie bien meilleur. Sous cet angle, notons qu’il n’est pas le seul dans cette aventure. De fait, Christian D. Muller, chercheur CNRS à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC), en fait également partie. Nous attendons les propositions de solutions dans les prochaines années.

Toujours dans le registre des témoignages, Christian D nous narre les circonstances du décès de son neveu en 2016. Lisons donc.

« Il souffrait d’un lymphome et prenait des gouttes d’huile de CBD pour soulager les effets secondaires de son traitement et lui rendre l’appétit. Témoin des effets bénéfiques de la prise de chanvre médicinal, je l’ai remplacé naturellement après son décès au sein de l’association UFCM I Care dont j’avais pu constater la valeur scientifique. »

Par ailleurs, suite au décès de son neveu, Christian s’intéresse aux habitudes les moins connues des patients souffrant des maladies complexes comme son défunt neveu. À ce sujet, il déclare que :

« Lors d’un rendez-vous avec des personnes atteintes de sclérose en plaque, de zona ou d’autres maladies, j’ai demandé comment ils faisaient pour aller bien. Ils m’ont répondu “Je fais mon huile de chanvre médicinale moi-même.” Quand j’ai vu ces patients obligés de produire leur propre médicament, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. »

Dans la même lancée, Bertrand nous parle de son quotidien, entant que patient atteint de VIH et souligne que le cannabis lui a été d’une grande aide. Lisons donc.

« Chaque matin, j’étais pris de vomissements et de spasmes à l’estomac, pendant parfois une heure je souffrais horriblement, puis je n’arrivais pas à manger ou à dormir. Quand j’ai essayé le cannabis en 2013, ça m’a aidé. J’en ai parlé à mon entourage médical, on a fini par m’en prescrire. »

Plus loin, il reste critique vis-à-vis de la législation de son pays sur le cannabis thérapeutique. Dans cette logique, il affirme que :

« On continue de prescrire le cannabis thérapeutique en dernière intention. Ça veut dire qu’on prescrit plus facilement de la morphine que du cannabis. Cette règle n’a aucune justification médicale, c’est purement idéologique. »

Idées et recherches sur les traitements à base de cannabis / chanvre

En effet, le premier point que nous puissions mentionner ici est la collaboration entre Frank Milone et Christian Kelhetter. Ce dernier propose au premier de tester l’huile de CBD sur les cellules cancéreuses in vitro. À ce sujet, Milone envisage de financer la recherche. Laquelle est principalement orientée vers un cancer réputé agressif et qui réduit considérablement l’espérance de vie des patients. Lequel donc ? Le cancer du pancréas. Nous restons à l’écoute de la suite de ces recherches. Néanmoins, l’étape suivante, elle, est déjà connue. Les chercheurs comptent débuter les tests in vivo sur des souris génétiquement sélectionnées pour développer spontanément un cancer pancréatique. Si les résultats sont bons, Franck Milone espère lancer un essai sur l’humain dès 2022. Ainsi dit, Christian D s’exprime.

« Nous avons montré que l’extrait de chanvre ne remplace pas la thérapie mais peut venir en complément. Le CBD rouvre l’appétit, attenue les effets de la chimiothérapie et n’a pas d’effets secondaires. A la différence des opiacés, il ne présente aucune dépendance pharmacologique. Malheureusement, je pense qu’en France, l’industrie pharmaceutique n’est pas encore prête ».

Puis, il précise.

« On a déjà démontré in vitro que l’extrait brut de fleur de cannabis est plus efficace que le cannabidiol (CBD) seul. Une quantité 20 fois plus grande de CBD seul est nécessaire pour une même efficacité qu’avec l’extrait brut de fleur de cannabis ».

Parallèlement aux tests in vitro mentionnés en amont, ajoutons aussi qu’un programme d’expérimentation sur le cannabis thérapeutique a été récemment lancé. Celui-ci cible également les maladies qui ont besoin de traitements efficaces et présentant le moins d’effets secondaires possibles pour les patients. À ce sujet, Christian D. Muller se prononce.

« Il y a 3 000 malades qui pourront en bénéficier, alors qu’on estime à 100 fois ce nombre, pour les personnes qui s’autosoignent avec du chanvre médicinal. »

Ces témoignages et recherches montrent clairement que l’industrie du cannabis thérapeutique est en constante évolution. Nombre de chercheurs se dévouent corps et âmes pour proposer, d’ici à quelques années, des traitements à base de cannabis pouvant aider les patients qui en ont besoin. Surtout que, certains médecins se rangent peu à peu de leur côté. C’est le cas de Anny, médecin généraliste. Cette dernière déplore le fait que les patients doivent parcourir des centaines de kilomètres afin de se rendre dans un autre pays pour avoir accès au cannabis thérapeutique. Elle ajoute d’ailleurs que ceux-ci :

« risquent de perdre plusieurs centaines d’euros de produits à la douane parce c’est illégal, parce que pour le cannabis il n’y a aucune ouverture. La loi française est encore incapable d’avoir une nuance sur le sujet, mais elle semble être en train d’évoluer. »

Notons, pour finir, qu’elle aurait prescrit du cannabis thérapeutique pour l’anxiété, l’insomnie, les troubles hyperactifs et de l’attention, des douleurs neurologiques, des spasmes musculaires, des tremblements, comme dans la sclérose en plaque, la maladie de Parkinson, des inconforts liés à des chimiothérapies, etc.


Références

  1. https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/chanvre-therapeutique-lindustrie-pharmaceutique-accuse-un-certain-retard
  2. https://www.rue89strasbourg.com/filiere-alsacienne-legalisation-cannabis-therapeutique-204115